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Musique classique et opéra par Classissima

Edward Elgar

dimanche 20 août 2017


Carnets sur sol

7 août

[Carnet d'écoutes n°108] – Moitié d'été

Carnets sur sol Liste (pas du tout exhaustive) d'écoutes, avec de rapides commentaires publiés à l'origine sur Classik ou Twitter (voir par exemple le fil du mois ). Pas du tout soigné ni détaillé, mais un bon moyen de donner envie d'écouter des choses dont je n'ai pas forcément le temps de faire état ici. Une fois que tout le monde aura ces deux lieux dans ses habitudes, je pourrai arrêter les reports ici. En rouge, je signale les nouveautés discographiques. Porter la mitre et lorgner sous les jupes. François LEMOINE, Ricordo de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (années 1730) Conservé au presbytère de Saint-Sulpice. Baroque et classique Peu d'écoutes de ce côté, ce mois-ci. ¶ Ottone de Haendel. Assez déçu par l'œuvre très peu saillante (en tout cas le premier tiers : je me suis lassé). Par Petrou aussi, étonnamment terne. Et vocalement, très beau mais assez uniforme (Čenčić, Hallenberg, Sabata). Quitte à écouter du seria, il y a de grandes œuvres disponibles chez Haendel, ou des raretés de Hasse ou Porpora autrement avenantes (noms sur demande), voilà. Claude-Guy HALLÉ, Ricordo du tableau Saint Paul à Lystre pour Saint-Germain-des-Prés (1717) Conservé au Musée Carnavalet Néanmoins : Ce n'est pas lui, mais seulement Le petit page avec la lampe. Romantisme allemand ¶ Début d'une nouvelle intégrale des Sonates de Beethoven, par mon #chouchou Giovanni Bellucci (ma référence dans Schubert ou Liszt). Netteté d'articulation, soin de l'ornementation, science précise du rubato, un beau fondu presque sans pédale, sens du chant… on retrouve tout cela. Peut-être que pour Beethoven, l'enjeu est un peu grand sans pédale, et j'entends quelques apprêts un peu sophistiqués ou une petite froideur / dureté en enfilant les Sonates à la suite. Mais l'une des plus belles propositions pour ces premières sonates ! ¶ Beethoven, 6 Quatuors Op.18, Takács SQ. Le son est large, certes, mais la précision de trait et la finesse d'esprit sans égales. Depuis que j'ai découvert leur opus 76 de Haydn, je ne parviens pas, dans l'immense discographie, à en écouter d'autres sans frustration. ¶ Intégrale Eisenlohr-Naxos des lieder de Schubert, volume 9 (Eiche, Fuhr). Beaucoup de belles pièces pas très données. Lorsque je rencontre celles que j'ai jouées et chantées, le texte se déroule immédiatement, et je sens encore les gestes vocaux dans ma bouche, la résistance du piano sous mes doigts.Pax vobiscum, An die Leier, Jägers Liebeslied, et bien sûr Schiffers Scheidelied, un de ceux dont on se demande pourquoi ils ne sont pas des tubes ! Belle voix de Markus Eiche, mais transposé un peu grave, l'expression est étouffée. Un des rares volumes sans Eisenlohr. ¶ Échanges autour de versions récentes du Winterreise (Padmore-Lewis, Finley-Drake, Bauer-Immerseel, Bauer-Mauser, Harvey-G.Cooper, Rose-Matthewman…) et des versions pour basse (Holl-Grubert, Moll-Garben, Talvela-Gothóni, Polgár-Schultsz, Bastin-Kneihs, Vogel-Dunckel, Gmyria-Ostrin…). ¶ Et la grosse claque du soir : reconstitution de l'Inachevée de Schubert par Venzago (arrangement et direction ). Je me suis plongé dans ses notes explicatives : reconstruction narrative fantaisiste, mais sens très fin des nécessités musicales. J'ai déjà publié une notule à ce sujet, l'écart entre le propos et le résultat est fécond. Il affiche une tranquille satisfaction quand même étonnante, jugeant son mouvement récrit « le plus exaltant de la symphonie », et affirmant, à propos de son patchwork schubertien, que « Mahler aurait été enchanté » ! #MrGuéridon #BerliozStyle ¶ Schubert – Quatuor n°15 – Kremer, Ma & friends. Supra-mou, une collection de solistes qui n'ont pas dû beaucoup répéter, alors que l'un et l'autre peuvent être de magnifiques chambristes. ¶ Norbert Burgmüller – Quatuor n°4 Petit bijou tempêtueux du premier romantisme, comme ses symphonies. ¶ Liszt – Orpheus – Phiharmonique de Berlin, Mehta Version très généreuse et voluptueuse, on perçoit encore mieux le côté piano-orchestré, mais aussi les grandes beautés de la pièce. ¶ Mendelssohn – Symphonie n°3 – Freiburger Barockorchester, Heras-Casado (HM) ¶ Mendelssohn – Symphonie n°4 – Freiburger Barockorchester, Heras-Casado (HM) Cette version atypique (Mendelssohn par un orchestre en principe spécialiste du cœur du XVIIIe italo-germanique) se réécoute vraiment très bien ! Le choral du début de la 3 est un peu dépareillé, certes, mais sinon, ces couleurs comme ravivées par abrasion, un régal. Il y a peut-être mieux (pour la 4 en particulier, assez vive pour sonner très vive et fine sur instruments modernes – Dohnányi-Cleveland, Ashkenazy-DSOB , Tennstedt-Berlin !), mais ce demeure tout à fait exaltant et revivifiant ! ¶ Mendelssohn – 3 Psaumes – Chœur de la Cathédrale d'Oslo, Kvam (Nimbus) Dans ces pièces en majesté, un certain manque de fermeté ici… d'ordinaire j'apprécie considérablement la grandeur douce de ce chœur, pas du tout opératique (amateurs de haute volée ? spécialistes du chant sacré ?), mais ici, on perd beaucoup en impact dramatique – or, Richte mich Gott… ! ¶ Écouté le Parsifal d'Elder avec Hallé, donné aux Proms il y a quelques années, dans la prise de son toujours phénoménale du label de l'orchestre. Vision très hédoniste, assez lente, comme contemplant ses propres timbres, qui serait un premier choix, avec une bonne distribution (Dalayman et Cleveman juste après leur faîte), n'était Tomlinson qui ne peu plus lier ses notes, et seulement pousser ses aigus. Vu la quantité de texte à dire, malgré un résistance au temps pas si mauvaise, tout de même une réserve sérieuse si on ne collectionne pas les Parsifaux ! ¶ Brahms – Sérénade n°1 – Capella Augustina, Spering Décevant, lecture décente mais assez terne pour une version HIP, et du Spering en particulier. J'en reste donc à Boult-LPO et Chailly-Gewandhaus. Mais il m'en reste encore plein à essayer (le problème est que je réécoute Boult à chaque fois…) : Bertini, McGegan (Philharmonia Baroque !), Jaime Martín avec Gävle, Ticciati-Bamberg, Kertész-LSO (j'ai dû écouter ça il y a très longtemps), Haitink-Concertgebouworkest (idem), Abbado avec les jeunes Mahler, Bongartz avec la Philharmonie dresdoise… Putto chirurgien, très appliqué. Jacques BLANCHARD, Saint Sébastien (années 1620-1630). Musée Bossuet. Romantisme français ¶ Le Freischütz version Berlioz, tellement meilleur que l'original. Quels récitatifs (de la même couleur que les airs), quelle fluidité ! ¶ Réécoute de La Reine de Chypre d'Halévy, le V enfile vraiment les tubes (voir explication un peu plus macrostructurelle sur CSS) : « Malgré la foi suprême », « S'arrête la victime », « Guerre à Venise » !. Le reste n'est pas vilain non plus ! Je confirme mon impression, de loin le meilleur Halévy (avec les parties de Noé qui ne sont pas de Bizet – non pas que celles de Bizet soient laides, au contraire, mais elles ne sont pas d'Halévy !). ¶ Réécouté Proserpine de Saint-Saëns aussi, débat sur Classik . ¶ Saint-Saëns – La Muse et le Poète Ressemble assez aux vilaines caricatures qu'on peut lire sur lui dans les Histoires de la Musique. Pas fabuleux : peu de matière musicale (et pas très originale), une dimension concertante un peu didactique (dialogues…), sans vraiment être très évocateur. J'aime passionnément quasiment tout Saint-Saëns, mais la maison ne fait pas de miracles non plus. ¶ Dans l'album romantique-français-tardif-rare de Gens et Niquet, très intéressé par le sens dramatique de Niedermeyer (promis par Bru Zane en intégralité). En revanche, les airs isolés (sulpiciens de surcroît), malgré la beauté de la voix, je salue mais n'y reviendrai pas souvent. Rares sont les récitals d'opéra auxquels je reviens, les airs étant en général les parties moins intéressantes musicalement, dramatiquement. À quand un récital de quintettes, sextuors et finals ? (Déjà, de duos, comme Thébault-Pruvot-Talpain, c'est autrement mieux !) Parmi les beaux exemples, le récital de Skovhus-Conlon, parcours qui raconte quelque chose. Putto-atlante assez herculéen. Plaque funéraire de Lazzaro Doria (notable gênois), attribué à Giovanni Gagini (1486). Romantisme italien ¶ Verdi – Nabucco – Mariotti (C Major) Avec Theodossiou, Ribeiro, Nucci, Zanellato. Remarquable, ébouriffant, très finement dirigé, très bien chanté. Je n'ai pas mieux en magasin. Et l'œuvre , quel bijou – l'orchestration n'est pas fabuleuse, mais pour le reste, les concertatos incroyables, la veine mélodique ininterrompue, le drame qui calvalcade ! ¶ Verdi – Nabucco – Santi, Paris 1979 (Arthaus) La mise en scène est très… tradi (tous les bras en croix face à la scène dans leurs grandes robes satinées de dorures), mais le plateau fait toute l'impression : Bumbry, Cossuta, Raimondi ! J'aime un peu moins Milnes, aux portamenti très appuyés (et qui a moins de graves que son partenaire ténor Cossuta), mais tout ça est remarquable, et bien qu'épais, l'accompagnement vit très bien. Je l'avais déjà écouté il y a longtemps (sans le visuel), et c'est ce qui se faisait de mieux avant que n'arrive la nouvelle génération de chefs raffinés dans ce répertoire. ¶ Verdi – Attila – Rinaldi, Christoff ¶ Verdi – Attila – De Biasio, Battistoni Opéra qui a toujours ses fulgurances (les clefs de fa, passionnantes) et ses longueurs. Pour une fois, déception avec la version parmesane : les voix graves sont vraiment ternes, et ce ne peut pas passer dans un opéra qui repose complètement sur leurs tempéraments ! ¶ Verdi – Il Corsaro – Montanaro (C Major) Un des meilleurs Verdi, pourtant un des moins donnés. Comme Oberto ou Stiffelio, c'est pourtant du premier choix (je trouve ça nettement plus abouti que Macbeth et un peu plus trépidant que Luisa Miller, par exemple). Version exemplaire aussi, avec quatre chanteurs exceptionnels et un chef intéressant. ¶ Verdi – Stiffelio – Qiu, Aronica, Battistoni ¶ Verdi – Stiffelio – Chelsea Opera Group Quel opéra ébouriffant ! Et cette fin totalement inattendue… Quel sujet, aussi : l'adultère de la femme d'un pasteur contemporain ! Battistoni est ma référence habituelle, mais la bande de cette compagnie de Chelsea est épatante. Miricioiu est certes déclinante, mais le ténor Peter Auty est une révélation étourdissante… on se demande pourquoi on embauche les vedettes actuelles quand on a des gens comme lui. Une voix mixte ronde, égale, glorieuse sur toute l'étendue… la diction est un brin enveloppée, sans doute, mais le charisme vocal et la poésie de l'instrument sont incroyables. Comment se fait-il qu'on ne se l'arrache pas, à l'heure où les grandes maisons se contentent en général de ténors vaillants mais aux timbres frustes ou aux aigus blanchis ? ¶ Verdi – Luisa Miller – Martínez, Vargas, Zanetti, Paris 2008 L'œuvre, malgré ses faiblesses (dramatiques en particulier – il ne faut pas avoir honte de se réclamer de Schiller !), ne manque pas de beautés musicales, et Zanetti y est particulièrement passionnant. Netteté, articulations expressives… l'orchestre dit beaucoup ici. Au pied d'une statuette ornementale de satyre en laiton doré, trois putti font de la musique sylvestre. Objet étrange, puisqu'il est associé par l'orfèvre-vedette de l'Empire, Odiot, à une coupe « sein » (à la forme non équivoque), et qu'il récupère les putti de sa base de vases à parfum qu'il avait fournis à l'impératrice Marie-Louise neuf ans plus tôt, en 1810. (Une des spécificités du métier de fondeur est qu'on peut effectivement réutiliser des modèles ou des fragments pour tout type d'objet.) Décadents germaniques ¶ (Karl) Weigl – Symphonie n°6 – Radio de Berlin-ex-Est, Thomas Sanderling (BIS) Comme la 5, pas ultime, certes, mais du beau postromantisme bien fait, plutôt sombre mais pas sophistiqué, qu'on aurait du plaisir à entendre en plusieurs versions et au concert. ¶ (Karl) Weigl – Symphonie n°5 « Apocalypse » – Radio de Berlin (ex-Est), Thomas Sanderling (BIS) Effectivement, le premier mouvement est difficile à encaisser (ces instruments qui s'accordent platement au début, et ces trombones étiques supposément menaçants, vraiment pas à la hauteur de son ambition). Et les Quatre Cavaliers sont assez déroutants – une large part du mouvement est écrit dans le mode majeur avec une orchestration légère qui fait la part belle aux flûtes… En revanche, l'adagio évoquant le Paradis Perdu réussit remarquablement son projet extatique, rien que pour ce quart d'heure il faut écouter la symphonie, autrement un peu frustrante. La Sixième est beaucoup plus régulière et convaincante. ¶ (Karl) Weigl – Phantastisches Intermezzo – Thomas Sanderling (BIS) Ça virevolte comme le Scherzo fantastique de Stravinski, ça mérite l'écoute. ¶ Hausegger – Aufklängen, Dionysische Fantasie – Bamberg, Hermus. Ça vient de sortir chez CPO. Il y a aussi Wieland der Schmied (mais lui plusieurs fois gravé), le thème de l'opéra que Wagner n'a pas écrit… C'est du du Schmidt en plus plus straussien, plus lumineux, moins ronchon, du superbe romantisme tardif élancé et diapré. ¶ Mahler – Symphonie n°7 – Concertgebouworkest, Chailly (Decca) Limpide et coloré, bien bâti, j'aime beaucoup cette version. (Sans atteindre mes plus chères, Jansons-Oslo, Stenz-Gürzenich…) ¶ Jan van Gilse – Symphonie n°2 – Symphonique des Pays-Bas (sis à Enschede), Porcelijn (CPO) Peut-être bien la symphonie que j'aime le plus de tout le XXe siècle. ¶ R. Strauss – Capriccio – Prêtre Version avec Della Casa et Vienne, moins intéressante que celle qu'il fit avec Lott (ma référence). Un peu figé, voix que je ne trouve pas très typées : Ch. Ludwig, Kmentt, Kerns, Berry… Vienne vraiment sur la réserve aussi, comme souvent. Je crois que ça a été publié il y a relativement peu de temps, ça n'existait pas il y a deux ou trois ans dans la discographie. ¶ Diepenbrock – Zum grossen Schweigen – Hagegård, Concertgebouworkest, Chailly Belle balade orchestrale (sans valoir ses fresques plus ambitieuses). ¶ Je trisse la Verklärte Nacht d'Oskar Fried. S'il y a bien une œuvre qui ferait un tabac en salle… Bouleversant à chaque fois. (Parce que les Vier dramatische Gesänge de Gurlitt , ça vaut bien les Vier letzte Lieder , mais je me doute que peux aller me brosser.) On ne l'entend pas très bien sur le disque (l'orchestre est capté un peu en arrière et vaporeux), mais il y a de très belles choses en matière d'orchestration, des échos entre les différentes parties, des contrechants de cor magnifiques, des moments où les vents sont seuls pendant l'exultation finale. Encore plus impressionnant que l'impression globale, en y regardant de plus près. J'ai prévu d'enrichir la notule en conséquence, ou d'en faire une autre. Dans quelque temps. J'ai découvert qu'une intégrale des lieder de Fried existait (par les mêmes chanteurs, Landshammer et Rügamer), et qu'une énorme cantate devrait bientôt paraître, mais je ne trouve pas trace de ces disques. ¶ Ben-Haim – Quatuor n°1 – Carmel SQ (Toccata) ¶ Ben-Haim – Quintette à deux altos – Carmel SQ (Toccata) Très bien. Pas aussi saillant que ses meilleures œuvres symphoniques, mais j'y reviendrai pour approfondir. ¶ Ben-Haim – Symphonie n°2 – Philharmonique de la Radio de Hanovre, Yinon (CPO) Beaucoup plus lumineuse que la Première, proche de la 2 de van Gilse, des 2 et 4 de Nielsen. Dans les deux cas, les mouvements lents sont extraordinairement prégnants. Et le concerto grosso est encore meilleur, pas du tout archaïsant d'ailleurs. ¶ Paul Ben-Haim – Symphonie n°1 – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) ¶ Paul Ben-Haim – Fanfare pour Israël – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) ¶ Paul Ben-Haim – Métamorphoses symphoniques sur un choral de Bach – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) Rien à voir ici, les trois œuvres sont très sombres, beaucoup plus « modernes » que la Deuxième Symphonie. Le mouvement lent de Première Symphonie est, comme pour la Deuxième, particulièrement prégnant. Les Variations sont vraiment très diverses, quoique toujours tourmentées (pas tant musicalement qu'expressivement) et la Fanfare pour Israël résonne plutôt comme une marche funèbre – assez peu éclatante, même dans la douleur. Dans les tableaux mariaux de Largillière (les deux vers 1730) tout le monde, même les putti, a les mêmes traits : ceux d'Anita Cerquetti. XXe français ¶ Confidence : le disque de mélodies que j'ai, de loin, le plus écouté. (Gabriel Dupont par Peintre & Girod, chez Timpani.) ¶ Mélodies de Fauré par Lenaert et (Ph.) Riga. Du Fauré aux [r] très roulés, avec piano d'époque, très belle diction posée sur le timbre franc de Lenaert. Je n'avais jamais remarqué le côté très aulnisant de Fleur jetée ! Attention, le timbre (que j'aime) n'est pas voluptueux, c'est plutôt de la taille/ténor baroque, il faut écouter pour l'équilibre général ! ¶ Très belle réussite du disque Schindler-Debussy avec l'Orchestre de Franche-Comté : la « Symphonie Pelléas » de Constant, dont on n'a que deux exemples au disque (Märkl éloquent et élancé, Baudo plus sucré et fondu), sonne très bien ! Seul détail qui donne l'avantage à Märkl et le National de Lyon : le final du IV n'est pas aussi ardent. Grandes lectures orchestrales de Pelléas dans les deux cas ! (Contrairement à l'infâme collage Leinsdorf d'interludes, souvent joué, le montage Constant inclut d'autres moments importants et cohérents, pas seulement les interludes – dont une large partie du final du IV, donc. Par-dessus le marché, les ponts sont beaucoup plus adroits et ne semblent pas des tunnelets flottant sur une mer de Debussy.) Le reste est moins intéressant : les Maeterlinck ne sont pas le meilleur de Zemlinsky, la voix de Druet n'est guère séduisante, et Le Bozec est pour la première fois de sa vie en petite forme. Pour les quelques Alma Schindler , on dispose d'aussi bons disques, et procurant l'intégralité des lieder. ¶ Mariotte – Impressions urbaines Un chef-d'œuvre du figuralisme mécaniste, du niveau de Meisel … mais au piano ! Contrairement aux autres œuvres de cette veine, d'ailleurs, c'est la poésie qui prévaut ! (existe par Blumenthal chez Timpani) Là aussi, le disque de piano que j'ai, d'assez loin, le plus écouté depuis sa parutition ¶ Honegger – Concerto pour violoncelle – Johannes Moser, Radio de Saarbrücken, Poppen Très beau celui-là aussi, j'y reviens souvent. ¶ Pour le reste, quelques opéras fétiches (L'Étranger de d'Indy, Monna Vanna de Février, L'Aiglon d'Ibert-Honegger dans la reprise de Marseille avec d'Oustrac). Et puis Lazzari, même si ce n'est pas La Lépreuse : La Tour de feu, prise assez inaudible (que ce soit chez Cantus Classics ou Malibran), impossible de percevoir ce que fait l'orchestre. ¶¶ d'Indy – L'Étranger – Foster Ce mélange de motifs et harmonie wagnériens et de chants populaires français, qu'est-ce que c'est fabuleux ! ¶¶ Février – Monna Vanna – Rennes 1958 (Quel dommage qu'il manque les dernières répliques sur la bande Malibran !) ¶¶ Ibert-Honegger – L'Aiglon – Dervaux Un des opéras que j'ai le plus écoutés, je crois, mais je n'avais pas encore exploré cette version historique (Boué, Despraz, Bourdin). Je croyais pourtant avoir entendu de grandes versions orchestrales avec Lacombe, Nagano et Ossonce, mais je suis frappé par la précision des climats campés par Dervaux, que je tenais plutôt pour solide qu'inspiré. Vraiment épatant, il n'y a que Boué, un peu aigrelette, qui soit en dessous des autres versions (il faut dire que face à Cousin, Gillet et d'Oustrac, qui pourrait en mener large !). ¶¶ Lazzari – La Tour de feu – Ruhlmann 1944 Le son est vraiment trop défavorable (voix très en avant, orchestre fort mais parcellaire) et le français trop mauvais (génération où la diction était lâche, façon Lubin) pour pouvoir en tirer quelque chose. Mais comme j'aime énormément La Lépreuse , je réessaie périodiquement. Putto très grognon. Clément BELLE, La découverte de la profanation des saintes hosties à Saint-Merri (1759) Commémoration très expressive de cet événement survenu en 1722. Peint et conservé à l'église Saint-Merri de Paris. Fleurs scandinaves ¶ Horneman – Quatuors 1 & 2 Du romantisme simple et lumineux, mais pas fade comme du Gade (ou même les quatuors de Langgaard). Pas grand comme Larsson plus tard, qui est beaucoup plus personnel, mais très beau de tout de même. Christian Horneman était un contempteur de Niels Gade, qu'il jugeait trop germanisant – de fait, Gade composait souvent en allemand (des lieder, ou bien grande cantate Comala ), et pas nécessairement sur des sujets danois. Tandis que Horneman a écrit une Ouverture de concert pour l'Aladdin d'Oehlenschläger , la grande figure qui importe le romantisme de Schiller, de Goethe et des Schlegel dans la langue danoise (c'est l'œuvre pour laquelle Nielsen a écrit sa musique de scène). ¶ Horneman – Suite de Gurre – National du Danemark, Johannes Gustavsson (Da Capo) Toujours dans cette veine, qui refuse tout à fait les expressions tourmentées. Mais pas sans expression, loin de là ! – je trouve ça plutôt mieux que les suites de Peer Gynt de Grieg… Sur le même disque, on trouve Le Combat des Muses, avec parties vocales, tout aussi réussi, et Kalanus. Il existe un autre disque qui reprend partiellement le même programme, par Schønwandt et la Radio Danoise. Je crois qu'avec le disque de quatuors, ce sont les trois seules monographies discographiques disponibles pour Horneman. ¶ Hamerik, Symphonie n°2. Hamerik fait du Mendelssohn dans les années 1880, mais les deux premières ne manquent certes pas de personnalité ! Probablement les deux symphonies auxquelles le mot « poétique » s'appliquent le mieux, et tout en simplicité. La façon dont le calme thème B du I de la 2 devient une marche altière, c'est rien, mais c'est beau. Ou le bucolisme de la 1, partout. ¶ Hamerik, Symphonie n°7. Qu'est-ce que le niveau baisse…J'adore pourtant les deux premières, bien les 3-4-5, mais la fadeur de la dernière ! Je n'ai pas réécouté le Requiem en couplage, mais il est de la même farine. ¶ Hamerik – Quartetto On dirait que Hamerik a cru que le suffixe en « -etto » avait ici un sens diminutif ! Minuscule pièce d'une dizaine de minutes, très jolie, mais beaucoup moins marquante, dans le genre paisible-souriant, que les Horneman (son aîné de trois ans seulement). ¶ Stenhammar, Symphonies. Assez ternes sur tous les aspects, même si le final de la 2 (un peu) plus folklorisant est sympa. Tellement loin du charme naïf de la sérénade simili-mozartienne ou de la densité d'écriture des quatuors (fabuleux) ! À tout prendre, ses concertos pour piano font de bien meilleures symphonies ! (même les zébrures sibéliennes de la 2 ne sonnent pas très hardies ; certes Neeme Järvi ne semble pas dans un jour de grande nervosité) … Bien, en réécoutant les concerts, le Deuxième Concerto est quand même bien fade… et la Deuxième Symphonie par Westerberg, ça change tout, superbe ! ¶ Stenhammar – Sérénade – Chambre d'Uppsala, Mägi Jouée avec cette verdeur, ça devient passionnant. Et un véritable cycle Hagegård (qui a occasionné une récente notule ). ¶ Grieg – 4 Psaumes – Hagegård Chœur de la Cathédrale d'Oslo, Kvam (Nimbus) ¶ Rangström – 5 Poèmes de Bergman, La Fleur sombre et autres cycles. Svendén, Hagegård, Schuback (chez Musica Sveciæ). De très belles atmosphères traitées dans la langue locale, ce qui n'est finalement pas si évident chez les compositeurs nordiques. ¶ Hagegård, tubes d'opéra (Pagliacci, Faust, Rigoletto, Così, Tannhäuser, Don Carlo) et airs suédois. Une belle grâce là où on ne l'attend pas, et touours ce vibratello charmant. La Romance à l'Étoile est l'une des plus belles que j'aie entendues, dans un secteur pourtant fort chargé (DFD, Blanc, Mattei, Gerhaher…). On sent la parenté d'école avec Mattei d'ailleurs, l'aisance du mixage et des nuances en sus… ¶ (August) Söderman – Tannhäuser – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Une vaste ballade dont les divers climats sont assez réussis. Elle commence par des appels qui font écho aux trompes vascellaires de la fin de Tristan. ¶ (August) Söderman – Kung Heimer och Aslog – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) ¶ Aulin – Poèmes de Tor Hedberg – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Comme toujours dans les mélodies d'Aulin, délicatement coloré. ¶ (Ragnar) Althen – Land du välsignade – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Très beau chant patriotique, simple et élancé. ¶ (Andreas) Hallén – Junker Nils Sjunger till Lutan (av Gustaf Wasas saga) – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Autrement dit : l'aristocrate Nils joue du luthn extrait de saga. ¶ Alfvén – Skogen sover (La forêt repose) – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) ¶ Stenhammar – Suède – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Ce sont là les couleurs délicates du Stenhammar de la Sérénade. Putti qui attirent l'attention du photographe tandis que Jésus, au-dessus, est un peu déchiré. Noël COYPEL, une Crucifixion étrangement intitulée Le Christ pleuré par les anges. (ce qui paraît tout sauf évident, garnements) Musée Bossuet. Britanniqueries ¶ Stanford – Stabat Mater (conseil de Gilles Lesur ) Très inhabituel, une vision très dramatique et extravertie de ce texte. J'aime beaucoup. ¶ Elgar– Quatuor – Villiers SQ Bien joué comme cela ! Son calme un peu étale fonctionne très bien ainsi, beaucoup mieux qu'à l'ordinaire. ¶ Delius – Quatuor – Villiers SQ Très ravélien en réalité, mais un Ravel pas du tout frénétique comme celui du quatuor. Très, très beau. ¶ York Bowen, Symphonies n°1 & 2 (BBCPO, Andrew Davis). De très beaux morceaux de postromantisme généreux ! ¶ Robert Still – Quatuor n°1 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°2 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°3 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°4 – Villiers SQ (Naxos) Du jeune Schönberg au vieux Chosta, un corpus très réussi dans un style évolutif mais homogène. Du premier, complètement tonal même si « avancé », on parcourt toute une évolution stylistique : le 2 évoque plutôt le jeune Schönberg ou les quatuors de Korngold, le 3 plutôt le jeune Chostakovitch, le 4 plutôt le dernier Chostakovitch, tout cela en restant dans une couleur qui lui est propre. Par goût, j'apprécie particulièrement le deux premiers, mais les quatres sont remarquables. (Et le Quatuor Villiers est, ici, encore, absolument parfait.) Jean-Baptiste PIERRE, Renaud dans les jardins d'Armide. Musée municipal de Meaux. Dans cette version, on ne voit pas le bouclier aux mains d'Ubalde. Est-ce ce que tient le putto dissimulé ? Ou bien un tambour de basque ? Un miroir ? Slaves ¶ Présentement, les deux petits accordéons de la Deuxième Suite de Tchaïkovski ! On joue très peu ses Suites, qui valent pourtant les symphonies ! Beaucoup plus de mouvements fugués, de couleurs, de danse surtout. Ça se vaut, vraiment ! ¶ Tchaïkovski – Symphonie n°1 – St. Luke's, Heras-Casado (HM) ¶ Tchaïkovski – The Tempest – St. Luke's, Heras-Casado (HM) Vision allégée et sobre, comme on pouvait s'y attendre, sans être fondamentalement différente en conception de la tradition. ¶ Taneïev – Quintette à deux altos – Taneyev SQ (Northern Flowers) L'une des meilleures œuvres de chambre de Taneïev (le sommet restant plutôt le Quatuor avec piano, à mon sens), beaucoup plus intéressante que les quatuors un peu académiques. ¶ Martinů – Concerto pour violoncelle n°1 – Johannes Moser, Radio de Saarbrücken, Poppen Splendide concerto (j'ai ai parlé plusieurs fois ici même, sur CSS) – l'orchestre y dit beaucoup. Et Moser est, à mon sens, le meilleur violoncelliste soliste actuel, d'assez loin… aussi bien maîtrise que son ou expression, ébouriffant. ¶ Pawel Łukaszewski, chœurs sacrés. Très tradi, mais les chuintantes des Chants Funéraires Kurpiens (en polonais ou dialecte afférent), les quintes dures, les petits agrégats suspendus à la mode traditionnelle sont réellement délicieux. Le legs latin est plus insignifiant. Et ne me dites pas que c'est introuvable, ça vient d'être édité (ou réédité) chez Warner. Si vous aimez Tormis, même veine. ¶ Avet Terterian – Symphonie n°3 (chez ASV). L'usage des percussions seules et des effets de cordes (glissando) est assez ludique, et ce devrait bien fonctionner en salle avec un public néophyte; en revanche, côté matière musicale, c'est comme chez Say, il faut chercher. Mais j'ai peut-être manqué des choses au delà du premier mouvement : j'ai dû m'interrompre, et j'avoue humablement ne pas avoir (étrangement) trouvé de temps pour m'y remettre. Nous sommes peut-être aux Invalides, mais les putti sont bien portants. (Vous noterez le front napoléonien du second.) Et aussi ¶ Propositions d'enregistrements du Sacre du Printemps . ¶ Moisson du jour un peu moins exigeante. Mendelssohn baroqueux, Verdi fin, Tchaïkovski allégé, postromantisme carinthien, pop coréenne 2000's Dont : ¶¶ Davichi – Hot Stuff ¶¶ Narsha (avec Miryo) – 나 언제나 그대곁에 있어요 ¶ Je découvre avec un disque Bernstein par Minnesota-Oue (pas Berlin-Abbado quand même !) l'existence de ce modeste label. |:-o ¶ Diodet-Lamareille, Ce que c'est qu'un drapeau. Qu'est-ce que ça fonctionne bien ! Versions Thill, Dona, Patard et puis Mestral, Noté… Plutôt que Thill que tout le monde connaît, Dona … (Patard est seul à faire le couplet central et ne fait que celui-là, étrangement – le moins intéressant, dans un ton un peu négatif pas très congruent avec le principe de la chanson patriotique.) ¶ Luis Fonsi – Despacito Faut bien se cultiver. ¶ J'ai aussi écouté, un peu incrédule, les chansons racistes de l'Expo coloniale de 1931. Nénufar est particulièrement frappant (la reprise en chorus « Nénufar — Nénufar ! — T'as du r'tard — T'as du r'tard ! — Mais t'es un p'tit rigolard »…). [texte complet] Oui, quand même. (On notera avec intérêt la fortune pré-1990 de l'orthographe « nénufar ».) (Possiblement un autre sous-entendu raciste, d'ailleurs.) Jean-Baptiste PIERRE, Renaud dans les jardins d'Armide. Musée municipal de Meaux. Quelle est la femme ? Concerts ♫ J'avais déjà mentionné quelques mots sur Le Timbre d'argent de Saint-Saëns. En voici une autre version, un peu plus lisible . La bande est disponible sur France Musique. L'Opéra-Comique en publiera une version vidéo, je crois (ou était-ce Alcione ?), et Bru Zane devrait le publier en CD. ♫ Lamento della Pazza de Giramo et canzoni de Kapsberger et Strozzi par les Kapsber'girls , un programme un peu plus vert que le précédent (et à mon avis des œuvres moins intéressantes), mais qui promet beaucoup lorsqu'il sera rodé ! ♫ Encore une fois le Trio Zadig , cette fois dans Ravel et Schubert (et aussi conversation sur Classik). ♫ Quintettes à vent de Barber, Ligeti, Arnold, et (arrangé de) Debussy. ♫ Déjà mentionné le mois dernier, mais c'était un concert de juillet, et il mérite bien une seconde mention : Chœurs de Saint-Saëns, d'Indy, Schmitt, Poulenc – Chœur Calligrammes, Estelle Béréau (Notre-Dame-du-Liban). Quand des post-wagnériens comme d'Indy et Schmitt se passionnent simultanément pour le folklore français… jubilatoire et très riche à la fois, un répertoire qui n'est pas du tout documenté par le disque. Témoignage très précieux, et dans le top 10 des concerts de la saison… … et j'ai encore pour la troisième fois manqué le Trio Sōra (Tchaïkovski et Chosta 2, j'avais ma place d'ailleurs…), que je languis de réentendre ! Putto courant sans pieds ailés. Daniel SARRABAT, L'Enlèvement d'Europe (comme vous pouvez le deviner à senestre). Musée Bossuet. Quelques balades illustrées ► Voyage à Enfer . ► Méry-sur-Oise , exploration nocturne conceptuelle. ►Atmosphères prégnantes de Saint-Laurent à Beaumont-sur-Oise. ► Visite de la cathédrale de Meaux . Espace extraordinaire. [récit en cours] ► Visite de Dourdan . [récit partiel, je vois que je n'ai pas mentionné l'église en particulier, ni l'histoire du restaurateur viollet-le-ducal…] ► Exposition 1870 aux Invalides, plus didactique qu'artistique, mais avec un superbe Doré en cadeau. ► Détails de l'exposition Baroque des Lumières (tableaux d'églises françaises aux XVIIe et XVIIIe siècles) au Petit-Palais. ► Le musée Bossuet dans l'ancien palais épiscopal de Meaux. Superbe fonds de peintures françaises XVIIe-XVIIIe. [récit en cours] L'Amour sans bandeau ne fera pas grâce à la nymphe qui s'enfuit. Une autre vision, beaucoup plus déterministe. (Cratère d'ornement à l'extérieur de l'hôtel de ville de Meaux; seconde moitié du XIXe.) Quelques lectures citées → Fil Byron : relecture du Corsair, citations d'extraits. En cours. → Extraits et citations tirés de la seule biographie d'Eugène Scribe – par Jean-Claude Yon, historien. Où je n'ai pas trouvé les réponses à mes questions sur l'absence de scandale de Robert le diable ; comme souvent dans ce type de biographie, Yon cherche surtout à réhabiliter le sérieux, l'humanité, la paternité des œuvres de son chouchou, plutôt qu'à expliquer les raisons littéraires de sa place, et y parle assez peu des contenus des œuvres, très peu d'opéra. Le contexte de sa production, ses rapports avec les autres écrivains ou les directeurs de théâtre sont très précisément documentés, mais ne laisse pas de place pour répondre à ce qui m'intéressant – d'autres monographies seraient à écrire. Ici aussi, exploration en cours. Les Clefs du cœur. François LEMOINE, Ricordo de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (années 1730) Conservé au presbytère de Saint-Sulpice. Annexe : Les tartelettes ? Les tartelettes sont une cotation purement personnelle que je n'ai pas retirée lorsqu'elle figurait déjà. Elles n'ont aucun lien avec la qualité objective ou l'audace des œuvres, elles témoignent uniquement de mon intérêt subjectif à les écouter. Elles ne tiennent pas compte des interprétations (sinon ce devient trop complexe, aussi bien pour moi que pour celui qui veut écouter l'œuvre et n'a pas forcément le même disque). Il ne faut donc pas les lire comme les étoiles « objectives » des magazines (ou des webzines qui se prennent au sérieux) qui servent à donner ou pas la moyenne aux enregistrements. Pas mon univers. Pas déplaisant, mais pas nécessaire à réécouter. Exemples : Certaines symphonies mineures de l'ère classique. (Plutôt Stamitz que Vaňhal ou Cannabich, mais ce dépend vraiment des opus.) Les lieder de Brahms. Messagesquisse de Boulez. Agréable, à réécouter de temps à autre. Exemples : Les lieder strophiques de jeunesse de Schubert. Tannhäuser de Wagner. Domaines de Boulez. Très belle œuvre, à réécouter souvent. [Concerne donc une très large part du répertoire.] Exemples : Die Dichterliebe de Schumann, Lohengrin de Wagner. Un œuvre particulièrement enthousiasmante, à réécouter le plus souvent possible. Exemples : Parsifal de Wagner. Il Trovatore de Verdi. Les lieder d'Alma Schindler-Mahler . Dialogue de l'ombre double de Boulez. La poignée des œuvres de chevet, celles qui parlent le plus immédiatement et le plus intimement. Exemples : la Première Symphonie de Czerny, le Via Crucis de Liszt, le dernier tableau de Das Rheingold de Wagner, Arabella de R. Strauss, les lieder en duo Op.14 de Reger, Die verklärte Nacht de Fried… Ainsi, à part la tartelette seule qui est un peu mitigée (agréable mais oubliable, proche de l'indifférence), la seule présence de tartelettes indique que j'ai aimé. Un Tx3 n'est donc pas une note « moyenne », mais au contraire déjà la marque des grandes œuvres – la différence avec les deux degrés supérieurs relevant de ma plus arbitraire inclination. Exceptionnellement, dans les cas graves, il arrive que je distribue des tartelettes au citron meringué, qui sont à la vraie tarte au citron ce qu'est Bachar el-Assad à Gandhi. Je n'ai pas aimé du tout, du tout. Ça ne me parle pas / c'est moche. Exemple : L'œuvre orchestrale d'Olga Neuwirth. C'est insupportable, grotesque, scandaleux. Et surtout ça fait mal. Exemple : L'œuvre pour orgue de Philip Glass. Je suis mort. Je mets ces diverses tartelettes quand je suis sur Classik parce que ça m'amuse, que ça fait un repère visuel, que ça permet de provoquer gentiment, mais ça n'a pas grande utilité : ce ne témoigne que des déviances de mes goûts, et ne garantit rien sur vos propres dilections. D'où l'intérêt des mots, qui permettent de caractériser plutôt que de noter…

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Nouvelle version du Dream of Gerontius par Barenboim

Edward Elgar (1857-1934) : The Dream of Gerontius opus 38, oratorio en deux parties sur un livret du Cardinal Newman. Avec : Catherine Wyn-Rogers, alto ; Andrew Staples, ténor ; Thomas Hampson, baryton. RIAS Kammerchor et Staatsopernchor. Staatskapelle Berlin : direction, Daniel Barenboim. 2 CD. Decca 0289 483 1585). Durée : 35’42’’ et 58’19’’.




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5 juillet

CAMBRAI, Les Musicales, festival des jeunes talents chambristes jusqu’au 12 juillet 2017

Les Musicales de Cambrai : 4-12 juillet 2017. En juillet 2017, les délices de Cambrai ont une saveur irrésistiblement … musicale. Au cœur du département du Nord, Le Festival Les Musicales entend offrir au plus large public cambrésien, la passion de la musique classique en croisant l’expérience du concert avec quelques données clés : beauté des sites qui accueillent les événements, dévoilement de jeunes talents, diversité de l’offre musicale quant aux formes, aux répertoires, aux alliances et combinaisons de timbres. A partir du 4 et jusqu’au 12 juillet 2017, Cambrai propose un été musical, soit 9 soirées dans divers lieux de la ville : théâtre, église Saint-Géry, musées (musée des beaux-arts, musée départemental Matisse)… A Cambrai plus qu’ailleurs, l’amour de la musique classique cultive le goût du partage, autour d’une langue universelle, celle du cœur. Pour les néophytes, les amateurs, et tous ceux qui ne se sentent pas concernés (surtout ceux là), le festival 2017, fidèle à sa ligne artistique, défend un éclectisme résolument accessible. La 2ème édition favorise la découverte, le voyage, la rencontre : des « bords de scène » permettront aux publics de retrouver les artistes, de mieux comprendre l’enjeux des programmes… d’échanger, de discuter. En juillet, Cambrai offre un bain de musique classique 9 étapes d’un voyage musical conçu dans un esprit de partage, ouvert à tous Jean-Pierre Wiart, directeur artistique du Festival souhaite gommer les faux rituels comme les usages élitistes : la musique est un bien commun, destinée au plus grand nombre. Générosité et accessibilité sont les mots d’ordre de la nouvelle édition des Musicales de Cambrai 2017. PROCHAINS CONCERTS 5 et 6 juillet 2017 CE SOIR, mercredi 5 juillet 2017, 20h (Théâtre de Cambrai) : lieder et musique de chambre avec les chanteuses Karine Deshayes et Delphine Haidan, les instrumentistes François Chaplin (piano) et Pierre Génisson (clarinette) : Lieder de Brahms, Spohr et Schubert, 3 Romances pour clarinette et piano de Robert Schumann… Réservez Le festival majoritairement dédié aux joyaux de la musique de chambre, excelle à démocratiser plusieurs cycles d’oeuvres méconnues ou oubliées : ainsi le programme du jeudi 6 juillet à 20h : aux côtés de la célèbre et virtuose Danse Macabre de Saint-Saëns (Ambroise Aubrun, violon / David Bismuth, piano), figurent les moins connus et joués : Sonate pour violon et piano de Elgar, Nocturne piano / violon de Hahn, Quintette Fandango pour guitare (Emmanuel Rossfelder) et cordes, surtout l’éblouissant Quintette de César Franck, – le plus original des wagnériens. Certainement là encore, une soirée à ne pas manquer. Accent majeur de la ligne artistique des Musicales, la jeunesse et ses promesses se dévoilent à Cambrai et s’affirment même, comme le démontrera entre autres, la « carte blanche » au violoniste déjà cité Ambroise Aubrun (dimanche 9 juillet 2017, 11h, Musée départemental Matisse). Au programme : Sonates de Mozart, Schumann, Debussy… (avec Mara Dobresco, piano). Réservez Les Musicales de Cambrai sont une formidable aventure humaine, riche en complicités artistiques ; les festivaliers retrouvent les artistes déjà présents en 2016, ainsi, entre autres tempéraments désormais à retrouver et à suivre à Cambrai : Sarah Laulan (chant), Justus Grimm, Sevak Avanesyan (violoncelle), Célimène Daudet (piano), Emmanuel Rossfelder (Guitare), ou David Bismuth (piano)… autant de personnalités nettement identifiées que le festival aime à rapprocher pour des alliances et complicités instrumentales souvent épatantes. Ainsi la soirée d’ouverture, le 4 juillet (Théâtre de Cambrai, 20h) célèbre les noces de la jeunesse et de la musique intimiste (Bénédiction de Dieu dans la solitude de Liszt, Sonate n°2 violon / piano de Brahms, Trio en la mineur opus 50 de Tchaikovski)… —————————— Informations et réservations sur le site des Musicales de Cambrai , du 4 au 12 juillet 2017, 9 jours de concerts à Cambrai http://www.lesmusicales-cambrai.fr



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30 juin

Les Musicales de Cambrai, du 4 au 12 juillet 2017

Les Musicales de Cambrai : 4-12 juillet 2017. En juillet 2017, les délices de Cambrai ont une saveur irrésistiblement … musicale. Au cœur du département du Nord, Le Festival Les Musicales entend offrir au plus large public cambrésien, la passion de la musique classique en croisant l’expérience du concert avec quelques données clés : beauté des sites qui accueillent les événements, dévoilement de jeunes talents, diversité de l’offre musicale quant aux formes, aux répertoires, aux alliances et combinaisons de timbres. A partir du 4 et jusqu’au 12 juillet 2017, Cambrai propose un été musical, soit 9 soirées dans divers lieux de la ville : théâtre, église Saint-Géry, musées (musée des beaux-arts, musée départemental Matisse)… A Cambrai plus qu’ailleurs, l’amour de la musique classique cultive le goût du partage, autour d’une langue universelle, celle du cœur. Pour les néophytes, les amateurs, et tous ceux qui ne se sentent pas concernés (surtout ceux là), le festival 2017, fidèle à sa ligne artistique, défend un éclectisme résolument accessible. La 2ème édition favorise la découverte, le voyage, la rencontre : des « bords de scène » permettront aux publics de retrouver les artistes, de mieux comprendre l’enjeux des programmes… d’échanger, de discuter. En juillet, Cambrai offre un bain de musique classique 9 étapes d’un voyage musical conçu dans un esprit de partage, ouvert à tous Jean-Pierre Wiart, directeur artistique du Festival souhaite gommer les faux rituels comme les usages élitistes : la musique est un bien commun, destinée au plus grand nombre. Générosité et accessibilité sont les mots d’ordre de la nouvelle édition des Musicales de Cambrai 2017. En réalité l’émergence du festival en juillet, profite des actions solidaires menées pendant toute l’année dans la ville, à l’adresse des cambrésiens les moins directement concernés par la culture musicale. Il s’agit d’aller au devant des spectateurs les plus éloignés du concert, de favoriser l’ouverture à une musique qu’ils considèrent encore trop souvent comme inaccessible… Chaque mois de juillet, l’esprit du festival Les Musicales prolonge ce désir de partage, cette nécessité d’impliquer le plus grand nombre. La programmation veille à réunir des tempéraments prometteurs, têtes d’affiche ou jeunes musiciens déjà distingués par les Concours internationaux… Cette année les chanteuses Karine Deshayes et Delphine Haidan, les instrumentistes François Chaplin (piano) et Pierre Génisson (clarinette) s’accordent pour un récital exceptionnel (Théâtre de Cambrai, le 5 juillet, 20h : Lieder de Brahms, Spohr et Schubert, 3 Romances pour clarinette et piano de Robert Schumann… Autre temps fort du festival, la présence du Quatuor Modigliani au Théâtre (mardi 11 juillet, 20h), pour une soirée également mémorable dans un écrin idéal pour le répertoire abordé (Quatuors : opus 18 de Beethoven, opus 13 de Mendelssohn, Quintette pour clarinette et cordes KV 581, avec Pierre Genisson, clarinette). Le festival majoritairement dédié aux joyaux de la musique de chambre, excelle à démocratiser plusieurs cycles d’oeuvres méconnues ou oubliées : ainsi le programme du jeudi 6 juillet à 20h : aux côtés de la célèbre et virtuose Danse Macabre de Saint-Saëns (Ambroise Aubrun, violon / David Bismuth, piano), figurent les moins connus et joués : Sonate pour violon et piano de Elgar, Nocturne piano / violon de Hahn, Quintette Fandango pour guitare (Emmanuel Rossfelder) et cordes, surtout l’éblouissant Quintette de César Franck, – le plus original des wagnériens. Certainement là encore, une soirée à ne pas manquer. Accent majeur de la ligne artistique des Musicales, la jeunesse et ses promesses se dévoilent à Cambrai et s’affirment même, comme le démontrera entre autres, la « carte blanche » au violoniste déjà cité Ambroise Aubrun (dimanche 9 juillet 2017, 11h, Musée départemental Matisse). Au programme : Sonates de Mozart, Schumann, Debussy… (avec Mara Dobresco, piano). La musique baroque n’est pas omise comme en témoigne le programme du même jour, 9 juillet, un peu plus tard, à 15h en l’église Saint-Géry de Cambrai : Concerto « la Notte », Sonata « Al Santo Sepulcro » puis Stabat Mater de Vivaldi (Sara Laulan, soprano; ambroise Aubrun et Geneviève Laurenceau, violons, …). Les Musicales de Cambrai sont une formidable aventure humaine, riche en complicités artistiques ; les festivaliers retrouvent les artistes déjà présents en 2016, ainsi, entre autres tempéraments désormais à retrouver et à suivre à Cambrai : Sarah Laulan (chant), Justus Grimm, Sevak Avanesyan (violoncelle), Célimène Daudet (piano), Emmanuel Rossfelder (Guitare), ou David Bismuth (piano)… autant de personnalités nettement identifiées que le festival aime à rapprocher pour des alliances et complicités instrumentales souvent épatantes. Ainsi la soirée d’ouverture, le 4 juillet (Théâtre de Cambrai, 20h) célèbre les noces de la jeunesse et de la musique intimiste (Bénédiction de Dieu dans la solitude de Liszt, Sonate n°2 violon / piano de Brahms, Trio en la mineur opus 50 de Tchaikovski)… —————————— Informations et réservations sur le site des Musicales de Cambrai , du 4 au 12 juillet 2017, 9 jours de concerts à Cambrai http://www.lesmusicales-cambrai.fr

Carnets sur sol

30 juin

[Édito] Les opéras rares en Île-de-France : 2016-2017-2018, deux saisons opposées

Entre celle qui s'achève et celle qui s'annonce, je ne puis me retenir de considérer que le contraste est brutal. A. Pénurie de 2017-2018 La saison prochaine, l'Opéra de Paris ne programme aucun opéra rare (déjà la tendance depuis l'arrivée de Lissner, mais vu sa connaissance du répertoire , on peut difficilement lui reprocher de vouloir découvrir les classiques), les Champs-Élysées se recentrent sur l'opéra italien grand public ou glotto-compatible (seria avec falsettistes, Rossini, Verdi), l'Athénée propose peu de grandes productions lyriques, Bru Zane ne finance qu'un Faust de Gounod (certes en version originale inédite, mais on ne peut pas parler de découverte vertigineuse d'une œuvre occulte d'un style nouveau !), et à Versailles le CMBV ne fait aucune grande recréation français comme c'était d'ordinaire le cas (je m'en étais ému à la parution du programme), se contentant de donner deux LULLY (la dernière production d'Alceste dans la région a dix ans, et encore moins pour Phaëton) – en revanche, Chateau de Versailles Spectacles programme aussi des Cavalli rares et très bien distribués (cela m'intéresse beaucoup moins que leurs F. Caccini ou Rossi, mais c'est incontestablement du neuf). Le CNSM, lui, proposera Giulio Cesare in Egitto pour sa grande production scénique annuelle. À cela s'ajoute que les maisons qui contribuaient à l'ouverture des horizons, comme Saint-Quentin-en-Yvelines (le Ring de poche de Dove-Vick, L'Élixir d'amour sur instruments anciens , Chimène de Sacchini…) ou Herblay (Vanessa de Barber, Zanetto de Mascagni, Abu Hassan de Weber, Falstaff de Salieri et dernièrement du seria inédit) ne proposent l'année prochaine, en opéra, que la production de l'ARCAL de… Dido and Æneas de Purcell, probablement l'œuvre la plus donnée de toutes (notamment dans les petites maisons), du fait de ses faibles coûts de production (que des petits rôles faciles à distribuer, un petit orchestre, une œuvre courte qui coûte moins à préparer, qui se vend mieux au public, un drame très ramassé et payant…). Ce n'est pas mal du tout, c'est une œuvre qui peut se voir de plein de façons, mais quand on comptait sur ces maisons, quitte à traverser toute l'Île-de-France au sortir d'une semaine de boulot (combien de fois ai-je joint les confins de l'Oise à Saint-Quentin…), c'est un peu en vain pour la saison qui s'annonce. Reste l'Opéra-Comique, qui proposera la Nonne sanglante de Gounod, dont on ne dispose que d'un disque CPO (très bon, mais on peut faire plus précis linguistiquement et stylistiquement), et qu'on ne joue jamais. Mais c'est pour la saison (suivant désormais l'année civile) 2018, pas encore annoncée officiellement, et septembre à décembre, ce sera seulement Mozart, Rossini et la création de Manoury (miam, cela dit, mais la création pure répond encore à d'autres enjeux). Lieu de toute évidence inspiré de l'atmosphère du Palais Garnier dans Twin Peaks. B. Comparaison biaisée À la décharge de toutes ces vénérables institutions, il est vrai que la saison qui vient de s'achever était particulièrement exceptionnelle en matière de recréations d'opéras (et pour la plupart en version scénique !) : ♦ Opéra de Paris : rien, mais Fleur de neige de Rimski-Korsakov n'avait plus été donnée depuis de l'époque de la troupe, et peut-être plutôt à la Radio qu'à l'Opéra, une véritable rareté en France ; ♦ Philharmonie : La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski, de même, pas une première absolue (encore que, en France, fut-ce déjà donné ?), mais un très réel dépaysement ; ♦ Champs-Élysées : La Reine de Chypre d'Halévy (Bru Zane) ; ♦ Opéra-Comique : Le Timbre d'argent de Saint-Saëns (et, jamais reprise en version scénique, Alcione de Marais) : ♦ Versailles : Les Horaces de Salieri (CMBV, Bru Zane), Proserpine de Saint-Saëns (Bru Zane) ; ♦ Athénée : L'Île du Rêve de R. Hahn, The Lighthouse de P.M. Davies (création française ?) ; ♦ Bouffes du Nord : Phèdre de Lemoyne (Bru Zane) ; ♦ Saint-Quentin / Herblay / Massy / ARCAL : Chimène de Sacchini ; ♦ CNSM : Il Matrimonio segreto de Cimarosa (pas redonné depuis Rousset il y a quinze ans, je crois) ; ♦ CRR : des extraits de Médée et Jason de Salomon, d'Axur re d'Ormuz de Salieri… C'est-à-dire 3 tragédies en musique totalement inédites (dont Lemoyne dont on ne disposait de rien) ; 4 partitions romantiques assez ambitieuses, là aussi jamais remontées ; 2 fleurons du répertoire russe jamais entendus, dans une vie de spectateur du moins, en France. Il est vrai que lorsque, dans la même semaine, il fallait enchaîner Les Horaces et Proserpine, ou encore Phèdre, Chypre et le Timbre, on ne pouvait qu'être frappé par l'étonnante surabondance (des œuvres de surcroît particulièrement abouties, et très adéquatement servies). C. La totalité du tableau Pour la saison prochaine, en matière d'opéra, il faudra donc se contenter de semi-raretés, souvent liées à une œuvre par ailleurs très bien connue : Leonore de Beethoven à la Philharmonie, Don Carlos de Verdi à l'Opéra Bastille, formes primitives à peu près jamais données en France d'œuvres qui y sont par ailleurs très fréquemment représentées. Beethoven par Jacobs suscite la curiosité évidemment, de même que Don Carlos dans une version qu'on espère assez complète (sans doute avec la déploration, peut-être aussi avec les Bûcherons et le ballet complet), servi par deux superbes distribution (au français encore incertain pour la seconde, avec Gerzmava, Černoch et Gubanova). Mais, si on veut être tout à fait honnête, la saison apportera aussi son lot de raretés lyriques, certes plutôt du côté de l'oratorio (où c'était bombance à la Philharmonie, cette année déjà : Elias de Mendelssohn, Szenen aus Goethes Faust de Schumann, Le Paradis et la Péri du même, El Niño d'Adams…) : Elias à nouveau (avec les couleurs encore plus typées anciennes de Fribourg !), The Dream of Gerontius d'Elgar, la Messe de Bernstein, la Sinfonia de Berio, et surtout, celui-là hors de la Philharmonie, le bijou absolu (et très rare en France) Christus am Ölberge de Beethoven. Par ailleurs, une bonne partie des inédits provient chaque saison d'associations moins officielles, comme les Frivolités Parisiennes dans le répertoire léger (pour la saison qui vient de s'achever : Ce qui plaît aux hommes de Delibes, Le Petit-Duc de Lecocq, Gosse de riche d'Yvain), ou la Compagnie de L'Oiseleur (avec accompagnements clavier assez extraordinaires), qui vient de révéler le Stabat Mater de Grandval, Le Passant de Paladilhe et surtout le legs d'André Bloch, avec Antigone (très belle cantate du prix de Rome) et l'incroyable opéra féerico-sarcastique Brocéliande – même avec piano, une explosion de fantaisie et de couleurs, quelque chose de L'Enfant et les Sortilèges, mais avec un bon livret et une couleur musicale quelque part entre Massenet et Chausson. Les Conservatoires aussi proposent quelquefois des titres imprévus, ou les ensembles amateurs. Il faut rester à l'affût. Mais, clairement, pour les exhumations à gros moyen et l'orientation des politiques des salles, ce seront un peu les vaches maigres pour les opéras, hors de Favart. Le Tribut de Zamora de Gounod, attendu depuis si longtemps, n'est redonné par Bru Zane qu'à Munich ! Je n'ai pas encore exploré l'offre en province pour la saison à venir (peut-être l'objet d'une notule à la rentrée, comme la saison dernière ?), mais c'est évidemment une alternative toujours possible pour les plus junkies d'entre nous. Reproduction à l'échelle inférieure de la grande salle de l'Opéra de Paris. D. Conclusions Considérant la quantité d'offre, il y a largement de quoi s'occuper (même sans mentionner la possibilité d'aller écouter davantage de musique de chambre ou de faire davantage d'expositions…), ce n'est pas du tout un drame. Mais, pour la documentation du répertoire, la dynamique de fournir, chaque année, des nouveautés à un public motivé, tirées du patrimoine, c'est une saison peu ambitieuse. C'est surtout agaçant lorsque les moyens financiers colossaux, comme à l'Opéra de Paris, permettraient aisément une prise de risque modérée (un italien moins célèbre, un Verdi rare, un baroque français hors Rameau ou un classique hors Gluck, un contemporain de Mozart, un Massenet moins couru, un thème vendeur comme Le Vampire de Marschner, Notre-Dame de Paris par Schmidt ou Giulietta e Romeo de Vaccai…) – je ne demande pas de monter dans la même saison Antar de Dupont, Thora på Rimol de Borgstrøm, Merry Mount de Hanson et Nikola Šubić Zrinski de Zajc. Et pourtant, ce serait possible, considérant que l'attraction de la maison est telle que malgré des prix prohibitifs et un confort visuel et sonore spartiate dans les deux salles, le remplissage avoisine les 100%, raretés ou pas, dès que ce n'est pas un répertoire trop exigeant. Au contraire, l'ONP persiste à distribuer des gens qui ne parlent pas les langues des œuvres dans des titres peu originaux, alors que sa puissance financière et son prestige lui permettraient de faire un carton plein avec des ouvrages un peu moins rebattus que les Mozart, Rossini, Verdi, Wagner, Puccini les plus célèbres – qu'il faut aussi donner, bien sûr, mais pas à l'exclusion de tout autre patrimoine… Certes, dans les deux hangars qui lui servent d'écrin, ce serait un peu du gâchis, mais au moins on aurait l'impression que la maison remplit une mission qui excède celle du musée pittoresque pour touristes ou du peep-show glottique international.

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